Présentation historique

La ville de Dougga doit son origine aux avantages offerts par la topographie des lieux, le climat, et la fertilité des sols. L'environnement montagneux et la falaise qui borde le site étaient favorable à la défense de la ville antique ; les terres fertiles et les sources abondantes rendaient les cultures et l'approvisionnement facile.

Le nom actuel de Dougga provient du nom latin Thugga qui est lui même est issu du nom numide (berbère) Tukka (ou "roc à pic") retrouvé sur des inscriptions lybiques.

La cité était déjà à la fin du 4ème Siècle avant J.C, selon l'auteur grec Diodore de sicile "d'une belle grandeur". Elle continua à faire partie du domaine de Carthage jusqu'à la première moitié du 2ème Siècle avant J.C. où elle tomba dans le giron du roi numide Massinissa allié de Rome lors de la troisième guerre punique.

Après la destruction de Carthage en 146 Avant J.C., Thugga resta en dehors de la Province Romaine d'Afrique jusqu' en 46 (après la défaite du roi numide Juba 1er).

Très vite une population d'origine romaine (celle du pagus adminstré par Cargthage) vient s'ajouter au substrat numide (la civitas ou cité autoctone). Les deux communautés, pagus d'un côté et  civitas de l'autre, coexistent. La différence de statut juridique a créé une situation d'inégalité qui a duré pendant trois siècles jusqu'à l'accès de la cité au rang de colonie romaine en 261 après J.C., qui fait suite à sa promotion au rang de municipe en 205 sous l'empereur Septime sévère.

La vie urbaine de Thugga a régressé sous la domination vandale et pendant l'occupation Byzantine.

Le généralissime Solomon en fit une forteresse au VI éme siècle. L'importance de la ville décline par la suite mais la vie se poursuit dont témoigne la céramique d'époque musulmane retrouvées sur le site et la subsitance d'un village.

La population actuelle de ce village qui a été déplacée en 1960, est sans doute constituée des anciens Thuggenses, mais l'arrivée des maures andalous au 17ème siècle et des montagnards du Djebel Ousselet déplacés par décision beylicale au 18ème siècle, ont modifié la composition de cette population.